2007-08-31

Oharu (西鶴一代女)


[Kenji Mizoguchi, Saikaku ichidai onna, 1952]

À Table!


"La Nature : On me dit une mère et je suis une tombe.
Mon hiver prend vos morts comme son hécatombe,
Mon printemps ne sent pas vos adorations."

[Alfred de Vigny (1797-1863), excerto de "Maison du Berger"]

[Nicéphore Nièpce, heliografia "Mesa Posta", 1829]

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Die Puppe aus Osaka


Traditionnellement, pour montrer qu’il a grandi, un enfant rejette ses anciens jouets. Tel un rite de passage, l’abandon de la poupée pour la petite fille désigne cette sortie de l’enfance. En Grèce classique, la poupée de la petite fille était offerte en offrande à la déesse Korè à la veille de son mariage. Cet aspect se retrouve peu dans la littérature de jeunesse. Maria Grippe indique la maturité que sa jeune héroïne trouve avec la disparition, du jour au lendemain, de la poupée qui l’avait épaulée dans la quête de ses origines.

De ce processus de croissance qui s’achève, la littérature de jeunesse met en avant l’aspect le plus spectaculaire : la mise à mort de la poupée. Une vraie mise à mort, comme lorsque les jeunes filles d’Attique allaient pendre à une branche d’arbre leur poupée, accomplissant un rite expiatoire. On voit bien l’autre signification latente pour ces jeunes filles : elles tuaient symboliquement l’enfant qu’elles étaient.

La poupée d’enfance de la grand-mère de Barbara, l’héroïne de Gudule dans La poupée aux yeux vivants, finit en morceaux et soigneusement enfermée dans une boîte, dans le tiroir d’une commode. Accusée par la grand-mère d’avoir gâché sa vie, la poupée, retrouvée piétinée et cassée, subit alors la désaffection de la petite fille. Les relations entre les petites filles et leur poupée sont faites d’élan d’amour et de haine. Ici, Gudule, enterre symboliquement cette poupée dans un placard, et ajoute à son histoire que la grand-mère l’a gardée auprès d’elle toute sa vie pour qu’elle ne puisse plus nuire. Cette dernière explication souligne pourtant un autre aspect de cette relation amour-haine. La grand-mère n’a pas pu se séparer de sa poupée tant aimée. Il est difficile de s’émanciper de ce lien. C’est également ce que démontre Cécile Bertrand dans son album consacré à la relation enfant-poupée, Toi mon adorée. Le thème est traité par vingt-cinq saynettes. Dix sont consacrées au rejet et à la haine que la poupée finit par inspirer à l’enfant. Cinq sont clairement des tentatives d’assassinat : la découper à la scie, la pendre, l’empoisonner, l’enterrer vivante, la jeter, mais la poupée résiste et reste toujours aux côtés de la petite fille. Graphiquement, le lien entre la poupée et l’enfant est matérialisé durant cette phase de rejet. La poupée ressemble à une prothèse : elle est greffée aux bras de l’enfant et remplace sa main gauche. L’allégorie est claire : la poupée fait partie de l’enfant, et arrivé à un certain âge, il est bien difficile et long pour un enfant de grandir alors qu’il est dans l’attente d’être un grand. Les sentiments décrits ici par l’auteur sont les mêmes chez tous les enfants, fille ou garçon. Et l’auteur l’exprime bien au travers d’un parallèle sous-entendu. La petite fille rencontre un petit garçon à la fin de l’album. Celui-ci a une attitude symétrique à celle de la gamine. Tous les deux laissent tomber par terre leur poupée pour tomber dans les bras l’un de l’autre. Et au regard de l’état de la poupée du garçon, on imagine aisément les mauvais traitements qu’elle a subis. Il est intéressant de noter que cet album finit par la rencontre entre une fille et un garçon. Faut-il y voir une réminiscence de la situation des jeunes filles de l’antiquité qui quittaient leur poupée pour se marier ?

[Julie Foulon, La Poupée dans la Littérature de Jeunesse, 2002, 1.2 La Mise à Mort de la Poupée]


2007-08-30

Aulularia


Cléante
Ne vous tourmentez point, mon père, et n’accusez personne. J’ai découvert des nouvelles de votre affaire, et je viens ici pour vous dire que, si vous voulez vous résoudre à me laisser épouser Mariane, votre argent vous sera rendu.

Harpagon
Où est-il ?

Cléante
Ne vous mettez point en peine. Il est en lieu dont je réponds, et tout ne dépend que de moi. C’est à vous de me dire à quoi vous vous déterminez ; et vous pouvez choisir, ou de me donner Mariane, ou de perdre votre cassette.

Harpagon
N’en a-t-on rien ôté ?

Cléante
Rien du tout. Voyez si c’est votre dessein de souscrire à ce mariage, et de joindre votre consentement à celui de sa mère, qui lui laisse la liberté de faire un choix entre nous deux.

Mariane à Cléante.
Mais vous ne savez pas que ce n’est pas assez que ce consentement et que le ciel, (montrant Valère.) avec un frère que vous voyez, vient de me rendre un père (montrant Anselme.) dont vous avez à m’obtenir.

Anselme
Le ciel, mes enfants, ne me redonne point à vous pour être contraire à vos vœux. Seigneur Harpagon, vous jugez bien que le choix d’une jeune personne tombera sur le fils plutôt que sur le père : allons, ne vous faites point dire ce qu’il n’est pas nécessaire d’entendre ; et consentez, ainsi que moi, à ce double hyménée.

Harpagon
Il faut, pour me donner conseil, que je voie ma cassette.

Cléante
Vous la verrez saine et entière.

Harpagon
Je n’ai point d’argent à donner en mariage à mes enfants.

Anselme
Eh bien ! j’en ai pour eux ; que cela ne vous inquiète point.

Harpagon
Vous obligerez-vous à faire tous les frais de ces deux mariages ?

Anselme
Oui, je m’y oblige. Êtes-vous satisfait ?

Harpagon
Oui, pourvu que pour les noces, vous me fassiez faire un habit.

Anselme
D’accord. Allons jouir de l’allégresse que cet heureux jour nous présente.

Le commissaire
Holà ! messieurs, holà ! Tout doucement, s’il vous plaît. Qui me payera mes écritures ?

Harpagon
Nous n’avons que faire de vos écritures.

Le commissaire
Oui ! Mais je ne prétends pas, moi, les avoir faites pour rien.

Harpagon montrant maître Jacques.
Pour votre payement, voilà un homme que je vous donne à pendre.

Maître Jacques
Hélas ! comment faut-il donc faire ? On me donne des coups de bâton pour dire vrai, et on me veut pendre pour mentir !

Anselme
Seigneur Harpagon, il faut lui pardonner cette imposture.

Harpagon
Vous payerez donc le commissaire ?

Anselme
Soit. Allons vite faire part de notre joie à votre mère.

Harpagon
Et moi, voir ma chère cassette.

[L'Avare (1668), Molière, Scène 6, Acte V]


2007-08-24

2007-08-07

le goût Rothschild


L'Astronome, Vermeer, Musée du Louvre
provenant de la collection Guy de Rothschild

Extreme cults also support Rothschild conspiracy theories, often espousing severe anti-semitism. One such organization, the Necedah Shrine Cult, has Mary Ann Van Hoof supposedly receiving visions from the Virgin Mary telling her that the Rothschilds are "mongrel yids (Jews)" bent on imposing world domination through international banking and the work of their "satanic secret society."

RIP Baron Elie de Rothschild (1917-2007)

2007-08-06

リトルボーイ (Little Boy)


[Sequência do filme Hadashi no Gen (Barefoot Gen), adaptação animada da novela gráfica homónima
de Keiji Nakazawa]

Jim -I was dreaming about God.

Mrs. Graham -What did he say?

Jim - Nothing. He was playing tennis.
Perhaps that's where God is all the time.
It's why you can't see him.

[...]

Jim - It was like a white light in the sky.
Like God taking a photograph.
I saw it.

[Excertos do guião do filme Empire of the Sun, de Steven Spielberg, sobre a infância de James G. Ballard]

Αργοναύται


já sou do séc. XXI! o meu computador está vivo!
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2007-08-03

The Shape of Steel to Come

The dome was destroyed. Arcot tried something else. He put on his control machine the equation of a hyperboloid of two branches, and changed the constants gradually till the two branches came close. Then he forced them against each other. Instantly they fought, fought terribly for existence. A tremendous blast of light and heat exploded into being. The energy of two tons of lead attempted to maintain those two branches. It was not, fortunately, explosive, and it took place over a relux floor. Most of the energy escaped into space. The vast flood of light was visible on Venus, despite the clouds.

[in INVADERS FROM THE INFINITE by JOHN W. CAMPBELL, 1961 + First Hyperboloid Tower by VLADIMIR SHUKHOV, 1896]

Domènech

"L'única diferència entre un boig i jo és que jo no estic boig."